Boutique Casanova
4 minutes de lecture

Casanova à Dux : les dernières années et la naissance de l’Histoire de ma vie

28 septembre 2026

Casanova à Dux : les dernières années et la naissance de l’Histoire de ma vie

Casanova Official Museum Casanova Official Museum

Entre 1785 et 1798, Giacomo Casanova se retire à Dux, en Bohême, comme bibliothécaire du comte Waldstein. Éloigné des salons européens, il vit isolement, marginalité et déclin physique. C’est précisément cette suspension qui le pousse à transformer l’expérience en mémoire, en entamant l’Histoire de ma vie : une écriture qui résiste au temps et préserve un monde en voie de disparition.

À RETENIR

  • Entre 1785 et 1798, Dux marque pour Casanova une transition : de la vie mondaine à l’isolement, jusqu’à la construction de sa mémoire grâce à l’écriture.
  • Le poste de bibliothécaire auprès du comte Waldstein offre une stabilité, mais accentue l’éloignement des centres culturels et souligne la marginalité sociale.
  • L’Histoire de ma vie naît en réponse au déclin physique et à l’oubli : transformer l’expérience en récit devient un moyen de rester présent dans le temps.

Abstract

Entre 1785 et 1798, Giacomo Casanova vit à Dux, en Bohême, loin des centres culturels européens. C’est ici, dans une période d’isolement et de déclin physique, que prend forme l’Histoire de ma vie, l’une des autobiographies les plus importantes de la littérature occidentale. Dux devient le lieu où l’expérience se transforme en mémoire, et la vie en écriture.

Informations éditoriales

Cet article est issu des contributions scientifiques de nos historiens, retravaillées par la rédaction du musée pour une consultation digitale.

Sommaire

Au-delà du mythe : Casanova à Dux

L’arrivée à Dux : une étape incontournable

Isolement et marginalité

L’écriture comme résistance

Dux comme lieu de transformation

Au-delà du mythe : Casanova à Dux

Quand on évoque son nom, l’imaginaire s’envole vers les voyages, les salons européens, les aventures galantes. Au fil du temps, cette figure s’est cristallisée en une image puissante mais partielle : celle du libertin infatigable, symbole d’un XVIIIe siècle brillant et mondain.

Il existe cependant un chapitre déterminant de sa vie, longtemps resté en marge du récit : les années passées par Casanova à Dux, entre 1785 et 1798. Une période marquée par l’arrêt de l’action, l’isolement et la réflexion, qui se révélera centrale dans la construction de son héritage littéraire.

L’arrivée à Dux : une étape incontournable

Casanova arrive à Dux en 1785 grâce à la protection du comte Joseph Karl von Waldstein, qui lui confie le poste de bibliothécaire dans le château familial. Il ne s’agit pas d’un choix ambitieux, mais d’une nécessité.

Après un nouvel exil de Venise, une série de déboires financiers et un affaiblissement physique progressif, Casanova est fatigué et vulnérable. Dux n’est ni Paris ni Venise : c’est une localité périphérique, éloignée des centres nerveux de la vie culturelle européenne. Cet isolement pèse fortement sur son caractère et marque une rupture dans la perception qu’il a de lui-même.

Isolement et marginalité

À Dux, Casanova découvre une forme d’marginalité sociale inédite. Il se sent peu compris, parfois moqué par le personnel du château, privé de cette reconnaissance qui avait accompagné sa renommée pendant des décennies.

La célébrité, jadis un avantage, risque désormais de devenir un masque grotesque : la caricature d’un passé révolu. C’est dans ce contexte qu’émerge une nouvelle lucidité, destinée à changer le cours de sa vie : l’écriture comme unique espace possible de survie.

L’écriture comme résistance

C’est à Dux que Casanova commence à travailler à l’Histoire de ma vie. L’écriture ne naît pas comme un projet de célébration, mais comme un acte de résistance face au temps, à la maladie et à l’oubli.

À travers le récit, Casanova peut encore habiter l’Europe de l’Ancien Régime : les cours aristocratiques, l’art de la conversation, le monde des voyages et des esprits brillants. La mémoire devient ainsi une stratégie pour contrer la fin, pour transformer la perte en récit.

Dux comme lieu de transformation

Dux n’est pas un simple épilogue, mais un lieu de transformation profonde. C’est ici que l’homme d’action devient homme de mémoire, et que l’expérience vécue se transmue en littérature.

Sans l’isolement forcé, sans la suspension de l’action, l’Histoire de ma vie n’aurait jamais vu le jour. Dux représente le passage essentiel de l’existence vécue à l’œuvre écrite : un geste qui livre Casanova non seulement à l’histoire, mais à la postérité littéraire.

Casanova à Dux : les dernières années et la naissance de l’Histoire de ma vie

FOIRE AUX QUESTIONS

Pourquoi Casanova s’est-il installé à Dux en 1785 ?

Il est arrivé à Dux grâce à la protection du comte Joseph Karl von Waldstein, qui lui a offert le poste de bibliothécaire. Ce fut une étape dictée par la nécessité, après des exils, des difficultés économiques et une santé de plus en plus fragile.

Quel type de vie Casanova menait-il à Dux ?

Dux était une localité périphérique, éloignée des centres culturels européens. Casanova y a expérimenté isolement et marginalité sociale, avec peu de reconnaissance et parfois des moqueries de la part du personnel du château, ce qui a creusé une fracture dans son identité.

Quand et dans quel contexte est née l’Histoire de ma vie ?

L’œuvre prend forme pendant les années à Dux, entre 1785 et 1798. Elle ne naît pas comme une célébration, mais comme une réponse à la maladie, au temps et au risque de l’oubli, transformant la mémoire en espace de survie.

En quoi l’écriture fut-elle une forme de résistance pour Casanova ?

Écrire lui a permis de continuer à habiter l’Europe de l’Ancien Régime : les cours, la conversation, les voyages et l’intelligence mondaine. Le récit est devenu une stratégie pour transformer la perte en narration et assurer la continuité de sa vie.

Pourquoi Dux est-elle considérée comme un lieu de transformation dans la vie de Casanova ?

À Dux, l’homme d’action devient homme de mémoire : l’expérience vécue devient littérature. L’isolement forcé et la suspension de l’activité publique ouvrent l’espace pour l’œuvre, livrant Casanova à la postérité littéraire.

Casanova Official Museum

Casanova Official Museum

Casanova Official Museum è il museo esperienziale di Palazzo Zaguri a Venezia. Attraverso 36 sale e centinaia di oggetti originali e documenti storici, svela la vita del celebre pensatore e avventuriero veneziano.

Abstract

Entre 1785 et 1798, Giacomo Casanova vit à Dux, en Bohême, loin des centres culturels européens. C’est ici, dans une période d’isolement et de déclin physique, que prend forme l’Histoire de ma vie, l’une des autobiographies les plus importantes de la littérature occidentale. Dux devient le lieu où l’expérience se transforme en mémoire, et la vie en écriture.

Informations éditoriales

Cet article est issu des contributions scientifiques de nos historiens, retravaillées par la rédaction du musée pour une consultation digitale.

Sommaire

Au-delà du mythe : Casanova à Dux

L’arrivée à Dux : une étape incontournable

Isolement et marginalité

L’écriture comme résistance

Dux comme lieu de transformation

Au-delà du mythe : Casanova à Dux

Quand on évoque son nom, l’imaginaire s’envole vers les voyages, les salons européens, les aventures galantes. Au fil du temps, cette figure s’est cristallisée en une image puissante mais partielle : celle du libertin infatigable, symbole d’un XVIIIe siècle brillant et mondain.

Il existe cependant un chapitre déterminant de sa vie, longtemps resté en marge du récit : les années passées par Casanova à Dux, entre 1785 et 1798. Une période marquée par l’arrêt de l’action, l’isolement et la réflexion, qui se révélera centrale dans la construction de son héritage littéraire.

L’arrivée à Dux : une étape incontournable

Casanova arrive à Dux en 1785 grâce à la protection du comte Joseph Karl von Waldstein, qui lui confie le poste de bibliothécaire dans le château familial. Il ne s’agit pas d’un choix ambitieux, mais d’une nécessité.

Après un nouvel exil de Venise, une série de déboires financiers et un affaiblissement physique progressif, Casanova est fatigué et vulnérable. Dux n’est ni Paris ni Venise : c’est une localité périphérique, éloignée des centres nerveux de la vie culturelle européenne. Cet isolement pèse fortement sur son caractère et marque une rupture dans la perception qu’il a de lui-même.

Isolement et marginalité

À Dux, Casanova découvre une forme d’marginalité sociale inédite. Il se sent peu compris, parfois moqué par le personnel du château, privé de cette reconnaissance qui avait accompagné sa renommée pendant des décennies.

La célébrité, jadis un avantage, risque désormais de devenir un masque grotesque : la caricature d’un passé révolu. C’est dans ce contexte qu’émerge une nouvelle lucidité, destinée à changer le cours de sa vie : l’écriture comme unique espace possible de survie.

L’écriture comme résistance

C’est à Dux que Casanova commence à travailler à l’Histoire de ma vie. L’écriture ne naît pas comme un projet de célébration, mais comme un acte de résistance face au temps, à la maladie et à l’oubli.

À travers le récit, Casanova peut encore habiter l’Europe de l’Ancien Régime : les cours aristocratiques, l’art de la conversation, le monde des voyages et des esprits brillants. La mémoire devient ainsi une stratégie pour contrer la fin, pour transformer la perte en récit.

Dux comme lieu de transformation

Dux n’est pas un simple épilogue, mais un lieu de transformation profonde. C’est ici que l’homme d’action devient homme de mémoire, et que l’expérience vécue se transmue en littérature.

Sans l’isolement forcé, sans la suspension de l’action, l’Histoire de ma vie n’aurait jamais vu le jour. Dux représente le passage essentiel de l’existence vécue à l’œuvre écrite : un geste qui livre Casanova non seulement à l’histoire, mais à la postérité littéraire.

Pour en savoir plus

Vous souhaitez découvrir le palais où Casanova a réellement vécu ? Visitez le musée permanent consacré à Giacomo Casanova au Palazzo Zaguri.

Continuer la lecture